Les femmes tondues à la Libération étaient des femmes publiquement rasées, souvent accusées de collaboration réelle ou supposée, notamment sentimentale, avec l’occupant. À Montpellier, les photos dérangeantes montrent surtout une humiliation collective et une incarcération, sans prouver à elles seules les faits reprochés ni le destin judiciaire de chacune.
Le 2 septembre 1944, à Montpellier, une foule acclame un chef militaire pendant qu’une autre scène, plus rude, enferme des femmes tondues dans le silence des images. J’ai longtemps cru qu’une photo ancienne disait presque tout ; en la regardant vraiment, elle dit surtout ce qu’on risque d’y projeter. Chez nous, quand une archive choque, je préfère sortir le fil rouge, comme pour un bricolage fragile : qui voit-on ? que manque-t-il ? que peut-on affirmer sans blesser encore ? Ces photos qui dérangent obligent à regarder la Libération avec ses élans, ses règlements de comptes et ses zones grises.
Femmes tondues à Montpellier : ce que montrent vraiment les images de l’INA
Les images de Montpellier renvoient surtout à un document muet conservé par l’Institut national de l’audiovisuel, intitulé « De Lattre à Montpellier - Incarcération de femmes tondues ». La notice situe l’accueil du général Jean de Lattre de Tassigny le 2 septembre 1944 ; la partie sur les femmes tondues montre une mise à l’écart, sans établir les culpabilités individuelles. C’est sec. Et dérangeant. Par femmes tondues à la Libération, j’entends ces femmes humiliées publiquement, souvent accusées de proximité avec l’occupant, parfois sans procès lisible dans l’image.
Contexte historique : épuration spontanée, accusations et justice expéditive
L’épuration spontanée désigne les sanctions menées hors cadre judiciaire ou avant le retour complet de l’État, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pendant l’épuration en 1944. Les tontes publiques en font partie, mais les historiens rappellent qu’elles côtoient une épuration légale : réduire l’ensemble à une simple « sauvagerie » brouille collaboration et règlements de comptes. À l’échelle de la Libération de Montpellier, je lis donc ces images comme un nœud de pouvoirs revenus trop vite dans la rue : comités, voisins, parfois résistants, puis magistrats qui reprennent la main. Rien, sur une photo, ne prouve tout. La formulation reprise par Le Monde évoque souvent la collaboration dite sentimentale, ou collaboration horizontale, mais les accusations pouvaient aussi toucher dénonciation, travail, logement, commerce ou échanges avec l’ennemi. La réserve rappelée par Radio France, dans le sillage de France Culture, aide à garder le trait fin : l’Épuration à la Libération mêle faits établis, rumeurs, honte publique et justice expéditive. Une accusation criée dehors n’est pas une preuve.
Analyse des images : une démonstration publique plus qu’une preuve
Une photo ou un film de femme tondue atteste une humiliation publique, pas la culpabilité de la personne filmée. Pour lire ces images, j’observe le lieu, la foule, les gestes, le cadrage et les absences : le silence du document, l’absence de noms, l’absence de jugement visible. Je ralentis. Devant les photos de femmes tondues, mon vieux réflexe de graphiste revient : que met-on au centre, qui regarde, qui reste hors champ ? L’analyse des images sépare alors trois niveaux, sans frisson facile : ce que l’image montre, des corps de femmes exposés ; ce qu’elle suggère, une démonstration publique orchestrée par la foule ; ce qu’elle ne prouve pas, l’histoire intime, judiciaire ou familiale de chacune.

Montpellier, Chartres, ailleurs : ce que la comparaison change
| Échelle | Document regardé | Ce que la comparaison déplace |
|---|---|---|
| Montpellier | Archive INA muette, autour de l’accueil de Jean de Lattre de Tassigny le 2 septembre 1944 ; opérateur non affirmé si la notice ne le donne pas. | Une scène locale, prise dans le bruit d’une ville qui se montre libérée. |
| Chartres | Photographie célèbre de Robert Capa, autour de la tondue de Chartres, souvent relue avec Histoire-image.org. | Une image devenue symbole, au risque d’écraser la personne réelle. |
| France entière | Des milliers de femmes tondues pendant la Libération de la France, avec des accusations diverses. | Un phénomène national, mais jamais uniforme. |
Louise — pour Défilou en Filou
Que sont devenues les femmes tondues ? Traces judiciaires, silences familiaux et prudence
- Partir de la notice INA, relever date, lieu, cadrage et silences.
- Chercher aux Archives municipales de Montpellier, puis aux Archives départementales de l’Hérault, souvent notées Archives de l’Hérault dans les carnets familiaux.
- Croiser presse locale, archives judiciaires communicables et traces de comités, sans retenir un nom isolé.
- Accueillir les témoignages, surtout un témoignage familial, comme une mémoire précieuse mais située.
Louise — pour Défilou en Filou
Questions fréquentes
que sont devenues les femmes tondues
Après la Libération, beaucoup de femmes tondues ont vécu dans le silence : certaines ont quitté leur quartier, d’autres ont tenté de reprendre une vie ordinaire avec une honte imposée. À Montpellier comme ailleurs, les photos qui dérangent rappellent surtout une violence publique, rarement suivie d’un vrai procès. J’y vois des destins cassés, parfois réhabilités très tard.
Qu'est-ce que l'épuration spontanée ?
L’épuration spontanée désigne les règlements de comptes menés juste après le départ des Allemands, avant ou hors des tribunaux. Des foules locales, parfois mêlées à des résistants, humilient des suspects : insultes, promenades forcées, tontes. Les femmes accusées de “collaboration horizontale” sont très exposées. C’est une libération trouble, brûlante, où justice et vengeance se confondent.
Qu'est-ce que l'épuration en 1944 ?
En 1944, l’épuration cherche à sanctionner la collaboration avec l’occupant nazi après la Libération. Elle prend deux formes : une épuration spontanée, immédiate et souvent violente, puis une épuration légale avec enquêtes, procès, chambres civiques et sanctions. Les femmes tondues apparaissent surtout dans la première phase, celle des rues, des regards et des photographies qui dérangent encore.
Pourquoi femmes tondues ?
Des femmes ont été tondues parce qu’on leur reprochait une relation intime avec des soldats allemands, ou plus largement une proximité avec l’occupant. Couper les cheveux attaquait la féminité, l’honneur et la visibilité sociale. Cette punition ciblait le corps des femmes bien plus que celui des hommes collaborateurs. Pour moi, c’est ce détail qui rend ces images si dures à regarder.
Qui sont les tondues ?
Les “tondues” sont des femmes accusées de collaboration pendant l’Occupation : relations avec des soldats allemands, dénonciations, marché noir, travail lié à l’ennemi, ou simples rumeurs. Leurs profils varient énormément. Certaines ont commis des actes graves, d’autres ont servi de boucs émissaires. Une photo prise à Montpellier, même saisissante, ne raconte jamais toute une vie.
Comment faire un Undercut femme ?
Un undercut femme se prépare en séparant nettement la zone à raser : nuque, côté, ou demi-tête. Attachez le reste des cheveux, choisissez un sabot assez long pour commencer, puis raccourcissez si besoin. Rien à voir avec les tondues de la Libération : ici, c’est un choix esthétique. J’aime tracer au crayon blanc, puis corriger sans chercher la symétrie parfaite.
Comment se raser les cheveux ?
Pour se raser les cheveux, je conseille de couper d’abord les longueurs aux ciseaux, puis de passer la tondeuse sur cheveux secs avec un sabot de sécurité. Avancez lentement, sans appuyer, dans le sens inverse de la pousse. Désinfectez la tête de coupe, protégez les grains de beauté, puis hydratez le cuir chevelu. Pour la nuque, demandez une aide.
Comment faire une coupe courte femme à la tondeuse ?
Pour une coupe courte femme à la tondeuse, commencez avec un sabot long, puis raccourcissez progressivement les côtés et la nuque. Gardez le dessus un peu plus long si vous voulez de la douceur. Travaillez sur cheveux secs, vérifiez au miroir, égalisez seulement les zones visibles. Chez nous, je fais une pause avant les finitions : les petits défauts se repèrent mieux après.
Louise — pour Défilou en Filou
Devant ces images, le geste le plus juste consiste à ralentir : dater, situer, distinguer l’accusation de la preuve, puis accepter que certaines vies restent incomplètes dans les archives familiales ou publiques. Si une photo circule à la maison ou en classe, nommez le contexte avant l’émotion, et gardez toujours une place pour le doute. C’est moins spectaculaire, mais tellement plus humain. Louise — pour Défilou en Filou
Mis à jour le 15 mai 2026