Nicolas Jaffré, animateur sur L'Attaque des Titans, passe au manga : pourquoi raconter n'était pas son métier avant

Nicolas Jaffré, animateur sur L'Attaque des Titans, passe au manga : pourquoi raconter n'était pas son métier avant
Vie de famille
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Nicolas Jaffré, animateur sur L'Attaque des Titans, passe au manga : pourquoi raconter n'était pas son métier avant

Nicolas Jaffré, passé par My Hero Academia et L'Attaque des Titans, publie Supernova, un manga au héros huissier. Son parcours et ses méthodes.

Vous pensez qu'un animateur passe au manga sans effort ? Nicolas Jaffré, passé par Boruto, My Hero Academia et L'Attaque des Titans, signe Supernova, une série dont le héros est huissier. Il explique ce que l'animation lui a apporté, et ce qu'il a dû apprendre de zéro.

En bref

  • Supernova suit Archie, major de sa promo qui rêvait d'être milicien et devient huissier dans un monde de pépites d'or magiques.
  • Nicolas Jaffré sort de l'école Méliès, a enchaîné Boruto, My Hero Academia et L'Attaque des Titans, après un fan-anime de Haikyuu!!.
  • Sa force pour le manga : la narration visuelle, ce « show don't tell » où le dessin complète une bulle mal comprise.

Le chiffre clé : 6 mois de recherche de contacts après l'école d'animation avant d'enchaîner les grandes licences.

Un huissier comme héros dans un monde de pépites d'or magiques

Le point de départ de Supernova surprend. Dans cet univers, des pépites d'or aux propriétés magiques donnent des pouvoirs à ceux qui les détiennent. Archie, premier de sa promo, rêve de devenir milicien. On le nomme huissier.

Son travail : faire respecter les décisions de justice. Le quotidien n'a rien à voir avec l'image qu'il s'en faisait. Au fil de ses missions, il découvre les convoitises que suscitent les pépites et les conflits qui en découlent. Ses certitudes sur la justice vacillent peu à peu.

Le choix est audacieux : un huissier ressemble plus volontiers à un antagoniste qu'à un héros de manga. C'est pourtant ce décalage qui lance une aventure mêlant action et mystère. Si vous aimez les shonen qui cassent les codes, la série mérite un coup d'œil.

Du fan-anime de Haikyuu!! à Boruto : un parcours fait d'opportunités

Nicolas Jaffré sort de l'école d'animation Méliès. Pendant environ six mois, il cherche surtout à se faire des contacts, et il l'avoue : trouver du travail était compliqué au début. Viennent ensuite quelques petits projets sur des licences peu connues, puis Cyberia, un jeu vidéo de type point-and-click.

Sa première grosse licence, c'est Boruto. Il ne l'a pas vraiment choisie, dit-il : tout s'est fait de fil en aiguille. Ensuite, son travail circule sur Internet, les propositions arrivent et il passe d'un projet à l'autre.

Deux leviers ont joué. D'abord, un fan-anime de Haikyuu!! publié sur ses réseaux, qui a bien fonctionné et attiré des chargés de production. Ensuite, un ancien de la même école, Julien Cortey, qui avait travaillé au Japon et a parlé de lui.

ProjetCe qu'il en dit
BorutoPremière grosse licence, arrivée sans l'avoir vraiment choisie
My Hero AcademiaChoisi alors que Jujutsu Kaisen était possible
L'Attaque des TitansAccepté avant que One Piece ne soit proposé en même temps
Haikyuu!! (fan-anime)Réalisé sur ses réseaux, il a attiré des chargés de production

Il parle de « grand luxe » quand deux offres tombaient en même temps.

Au Japon, le storyboard donne une structure, pas un plan complet

Travailler dans plusieurs pays lui a montré des méthodes très différentes. Au Japon, les storyboards sont généralement succincts : quelques dessins qui posent la structure. En Europe, il a davantage travaillé avec des animatiques. Aux États-Unis, le storyboard définit déjà le rythme et le mouvement.

Sur une production liée à League of Legends, il a constaté que le travail était déjà quasiment fait. Il devait surtout nettoyer les plans. Il l'a fait, puis a tenté d'améliorer ce qu'il pouvait dans le temps imparti.

Il apprécie aussi la supervision japonaise, le sakkan. Le réalisateur garde la cohérence globale, le character designer veille à la tenue du modèle, le lead animator se concentre sur le mouvement. Vous envoyez vos plans avec un maximum de matière, puis vous recevez les corrections de chacun. Pour lui, cela crée un filet de sécurité.

En Australie, il recevait chaque fin de semaine les quotas de tous les animateurs. Résultat : une compétition insidieuse, qu'il juge absurde. Une scène d'action de quatre secondes avec cinq personnages qui se battent ne représente pas la même charge qu'un personnage qui parle pendant dix secondes.

Le « show don't tell » sert de passerelle entre animation et manga

Passer au manga ne s'est pas fait sans effort. Il fallait apprendre énormément de choses nouvelles. Mais l'animation lui a donné une base solide, surtout en narration visuelle.

« Raconter une histoire, ce n'était pas mon métier avant. »

Nicolas Jaffré, dans un entretien consacré à Supernova

Son principe vient du cinéma : le fameux « show don't tell », raconter par l'image plutôt que tout expliquer. Dans Supernova, même si l'on enlève les bulles, l'équipe veut garder de la narration dans ce qui se passe visuellement.

L'effet est concret pour vous, lecteur. Si une bulle n'est pas comprise à 100 %, le dessin complète l'information et vous aide à raccrocher les wagons. La lecture gagne en fluidité.

Cette base lui a fait gagner du temps. Il avait aussi déjà pratiqué le character design avant de se lancer.

Ce que ce parcours montre à ceux qui dessinent pour eux-mêmes

Le chemin de Nicolas Jaffré n'a rien d'une ligne droite. Il a cherché des contacts, accepté des petits projets, puis laissé son travail parler sur les réseaux. Un fan-anime a suffi à attirer des professionnels.

Si vous tenez un carnet ou publiez vos dessins en ligne, l'exemple compte : montrer ce que vous faites ouvre des portes. Et si vous venez d'un autre média, vos acquis servent. L'animateur a transposé sa lecture de l'image à la page.

À retenir aussi : il ne se présente pas comme un conteur né. Raconter une histoire s'apprend, et le dessin peut porter une partie du récit quand le texte ne suffit pas.

Vos questions

De quoi parle Supernova ?

Dans un monde où des pépites d'or magiques confèrent des pouvoirs, Archie rêvait de devenir milicien et devient huissier. Chargé de faire respecter les décisions de justice, il découvre les convoitises et les conflits autour des pépites. Cela bouscule sa vision de la justice.

Sur quelles séries Nicolas Jaffré a-t-il travaillé ?

Il cite Boruto, sa première grosse licence, puis My Hero Academia et L'Attaque des Titans. Il a aussi travaillé sur le jeu Cyberia et sur une production liée à League of Legends. Il avait réalisé un fan-anime de Haikyuu!! sur ses réseaux.

Qu'est-ce que l'animation lui a apporté pour le manga ?

Surtout la narration visuelle, le « show don't tell » du cinéma. Même sans bulles, les images de Supernova gardent du récit. Il avait aussi déjà pratiqué le character design, ce qui lui a fait gagner du temps.

Sources : actuabd.com.

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À propos de Louise Fabre

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